Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre

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Intervention 4ACG du 11 novembre 2021 à Primelin (29), en hommage aux fusillés pour l’exemple de la Grande Guerre

mardi 30 novembre 2021, par 4acg

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Voici le texte de l’intervention de Jil Quillevéré, de la 4ACG, le 11 novembre 2021 au cimetière de Primelin, en hommage aux fusillés pour l’exemple de la Grtande Guerre.

Publié le 27 novembre 2021 par Entre les lignes entre les mots

En ce 11 Novembre 2021, les Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami-es Contre la Guerre (4ACG) s’associent à vous pour, à la fois dire NON, NON à la guerre, NON à toutes les guerres, pour « faire reconnaître », comme le souligne la Libre Pensée, « le NON-SENS des guerres », pour témoigner, comme l’écrivait Jean Giono de « l’imbécillité de la guerre » et pour exiger la réhabilitation des 639 fusillés de 14-18, fusillés pour l’exemple : pour désobéissance, oui, pour avoir désobéi aux ordres de se battre et de tuer.
Alors vous vous dites peut-être en m’écoutant aujourd’hui que les Anciens Appelés en Algérie ont quelque peu rajeuni cette année. Je suis en fait de leurs Ami-es, comme fils d’Ancien Appelé, aujourd’hui adhérent de la 4ACG. Par là je souhaiterais encourager celles et ceux qui sont dans cette situation à nous rejoindre pour continuer ce devoir de mémoire, car comme l’a dit Elie Wiesel « le bourreau tue toujours deux fois, la seconde fois par l’oubli. »
Les Anciens Appelés en Algérie n’avaient donc que 20 ans lorsqu’ils furent envoyés en Algérie poursuivre la colonisation. Ils n’avaient alors d’autre choix que d’y aller ou de s’insoumettre, ce qui fut le cas d’un très petit nombre (dix mille réfractaires, insoumis ou déserteurs pour deux millions d’appelés pendant huit ans)
Ce n’est qu’en 1963, après une longue lutte et la grève de la faim de Louis Lecoin, qu’une loi a permis la reconnaissance partielle du droit à l’objection de conscience pour les Appelés de dix-huit ans désormais. Et il faudra attendre encore vingt ans, après plusieurs centaines d’années d’emprisonnement en forteresse pour ses militants, pour voir promulguée la loi Joxe de 1983, permettant l’obtention du statut d’objecteur sur simple demande et motivation y compris politique.

Et voilà que quarante ans plus tard, un Service National Universel serait imposé à des jeunes à partir de seize ans cette fois, confiés pour un mois à l’institution militaire sans possibilité de le refuser sous peine de sanctions (permis de conduire, baccalauréat) : un nouveau passe militaire donc !
Chaque SNU coûterait deux mille deux cents € (cent dix millions programmés pour cinquante mille volontaires en 2022). Combien pour une classe d’âge comptant sept cent mille jeunes si obligation en 2023 ?
Est-ce là vraiment ce dont ont besoin les adolescent-es aujourd’hui ? Etre confiés à une institution qui a toujours en son sein au moins dix-neuf généraux en semi-retraite et mille cinq cents officiers d’active qui ont osé commémorer, le 21 avril dernier, le soixantième anniversaire, jour pour jour, du putsch des généraux félons de l’OAS en Algérie, en partageant leur analyse de l’état de la société française et dont nous avons pu à la 4ACG mesurer la hauteur de vue.
Simone de Bollardière, épouse de feu Le Général Jacques Pâris de Bollardière et Présidente d’honneur de notre association, nous a quittés en décembre 2020. Elle nous enjoignait de prendre le droit et d’assumer le devoir d’apprendre à la jeunesse à refuser des engagements, des actes qui font perdre à l’Homme son humanité.
Ces jeunes de seize ans seront-ils en capacité de refuser cet embrigadement, alors même qu’« en même temps » l’historienne Laurence De Cock constate aujourd’hui la dilution de la question franco-algérienne dans les programmes d’histoire de l’Education Nationale. Ce qui fait dire à Kamel Chabane, professeur d’histoire dans un collège parisien, que « le temps imparti à la colonisation et à la décolonisation, singulièrement en Algérie, n’est pas à la hauteur des traces qu’elles ont laissées dans nos sociétés ». Est-ce ainsi que le Ministre entend mettre en œuvre le devoir de mémoire ?
L’état actuel des relations diplomatiques entre l’Etat français et l’Etat algérien ne nous permet guère d’espérer, le 18 mars 2022, date du soixantième anniversaire des Accords d’Evian, la mise en place d’un Office Franco-Algérien pour la Jeunesse que la 4ACG appelle de ses vœux et qui seule montrerait une volonté politique d’avancer vers la réconciliation des mémoires et donc d’avancer vers la paix.
Il nous reste donc pour l’instant la Charte de Fraternisation Franco-Algérienne que les membres de la 4ACG mettent en œuvre au travers des actions de développement que permettent les reversements de pensions.
Merci de votre attention

Jil Quillévéré
fils d’ancien appelé en Algérie

En complément possible :
Le Service national universel que le gouvernement veut rendre obligatoire pour les jeunes de 16 ans
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/07/02/le-service-national-universel-que-le-gouvernement-veut-rendre-obligatoire-pour-les-jeunes-de-16-ans/
Joelle Palmieri : SNU : l’autoroute électoral du pouvoir politique
https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/07/03/snu-lautoroute-electoral-du-pouvoir-politique/

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